A Life of Danger: Being a Literary Translator

Most people imagine that translators live a quiet life, typing away in their home office, in the company of their dictionaries and the occasional cat (or turtle, like Mox). Spending your working hours pondering words and meaning and tone must be a risk-free activity, they think. On the contrary, it appears that literary translation brings a fair share of adventures.

In this piece by Wayne Johnston in The Walrus, for instance, two Dutch translators are sent to Canada by their publisher to visit the novel’s settings (here I thought publishing houses had a tiny budget for translation…). They phone the author, saying they have met one of his fictional characters. The whole thing is scary and delightful at the same time. Imagine meeting, in real life, Jane Eyre or maybe Bod Owens (from Gaiman’s The Graveyard Book) running errands in the city.

This reminded me of a short and compelling novel about translation and writing, Le traducteur, by Jacques Gélat (ed. José Corti; untranslated, sadly). The main character is a highly conscientious literary translator, who makes a mistake one day. He replaces a semicolon with a comma. Nobody else but him notices. Thus he begins to be less faithful in his translations, modifying sentences, adding nuances, and he is eventually possessed by the desire to write his own stories. He starts writing novels that are met with critical acclaim and success. All this has been made possible because he replaced a semicolon by a comma, and because he decided it did not matter.

This is not to justify deliberate changes, of course. Translators should consider themselves as writers in their own language, but should not feel that this gives them the right to change everything in a book. One famous Parisian publishing scandal involved Milan Kundera and his first French translator, who modified the style of The Joke to make it more ornate, and even added paragraphs of his own invention. The fraud took years to be discovered, but when it happened, the translator’s career came to an end.

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La vie dangereuse des traducteurs littéraires

La plupart des gens imaginent que les traducteurs coulent des jours tranquilles, tapotant sur leur clavier dans leur bureau à domicile, en compagnie de leurs dictionnaires et éventuellement d’un chat (ou d’une tortue, comme Mox). Passer ses heures de travail à méditer sur des mots, leur sens et leur registre doit être une activité sans risque, se disent-ils. Que nenni. Il appert que la traduction littéraire apporte son lot d’aventures.

Prenez cet article de Wayne Johnston dans The Walrus sur les malheurs des traductions littéraires :

http://www.walrusmagazine.com/articles/2004.06-the-literary-life-books-translated-incorrectly/1/

Une anecdote est particulièrement frappante : deux traductrices néerlandaises envoyées au Canda par leur éditeur afin de visiter le décor du roman (et moi qui croyait que les maisons d’édition consacraient un budget minuscule à la traduction…) téléphonent à l’auteur et lui disent qu’elles ont rencontré l’un de ses personnages fictifs. La chose est effrayante et délicieuse en même temps. Imaginez ce que serait une rencontre, dans la vraie vie, avec Jane Eyre ou peut-être Bod Owens (le héros du Graveyard Book de Neil Gaiman) faisant leurs emplettes en ville.

Cela m’a rappelé un roman bref et passionnant sur la traduction et l’écriture, Le traducteur, de Jacques Gélat (éd José Corti). Le personnage principal est un traducteur littéraire hautement consciencieux, qui fait un jour une erreur. Il remplace un point virgule par une virgule. Personne d’autre que lui ne le remarque. Ainsi, il commence à prendre des libertés dans ses traductions, modifiant des phrases, ajoutant des nuances, et se laisse finalement envahir par le désir d’écrire ses propres histoires. Il commence à écrire des romans qui rencontrent un succès public et critique. Tout cela a été rendu possible par le fait qu’il a remplacé un point virgule par une virgule, et parce qu’il a décidé que cela n’avait pas d’importance.

Naturellement, cette histoire n’a pas pour but de justifier les changements délibérés. Les traducteurs doivent se considérer comme des auteurs dans leur propre langue, mais ne doivent pas penser que cela leur donne le droit de tout changer dans un livre. Un scandale célèbre dans le monde de l’édition parisienne a impliqué Milan Kundera et son premier traducteur français, qui a modifié le style de La plaisanterie pour le rendre plus sophistiqué, et a même ajouté des passages de son cru. Il a fallu des années pour la fraude soit révélée au grand jour, mais après cela, la carrière du traducteur était terminée.

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2 thoughts on “A Life of Danger: Being a Literary Translator

  1. That’s the main issue of “Vengeance du Traducteur”, a fiction by Brice Matthieussent (French only, not translated either). It’s a very interwoven story about a translator who adapts, cuts, adds to and finally take over the book he’s working on… which is by the way a book about a translator and his writer. Some chapters could be easily passed, but it’s nonetheless a good reading.

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